17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 11:14

 

 

     Les volutes lactescentes du plafond tournoyaient toujours, inexorablement, et semblaient aspirer toute pensée lyrique ou joyeuse.Le cœur serré, Helly passa le bras de Kikile par dessus son épaule et la transporta jusqu'au salon. Le jeune slave la suivit, l'esprit torturé. Une fois les deux êtres allongés, il se mit à faire les cents pas en boitant, tandis que la féline examinait la plaie de l'ange : bien que la plaie transperce son cœur de part en part, il était toujours en vie.

 

- Qu'est ce que l'on peut fairrre ? C'est sans espoirrr à prrrésent !!! A moins que...

- A moins que quoi ?

- Féliko.

- A quoi penses-tu ?

 

      Elle frissonna en contemplant la plaie, sentant une amère nausée l'envahir peu à peu. De son côté, Viktor plissa les yeux comme pour tenter d'apercevoir ce que nul autre ne pouvait distinguer.

 

- Je pense qu'en vérrrité, il est bien plus forrrt qu'il ne le laisse parrraîtrrre. Bien plus forrrt que nous. Que moi. Il arrrive à supporrrter des peines qui me tuerrraient surrr le coup. Lui seul peut encorrre nous aider, s'il en a le courrrage. Toi et moi, nous pouvons lui en donner. Mais lui seul peut trrrouver la forrrce de vaincrrre....

 

     Il chancela de nouveau et s'assit à même le tapis.

 

- Reste avec eux, je vais le chercher, proposa la jeune femme.

- Cerrrtainement pas. Si tu parrrs...

 

      Il se tut, aussitôt rejoint par la féline qui s'installa à ses côtés. Il éclata tristement de rire :

 

- Tu... dois me trrrouver tellement bête...

- Non, je m'inquiète pour toi.

- Ha ? Pas la peine. Je m'inquiète surrrtout de ce que je pourrrais fairrre.

- Qu'est ce que tu pourrais faire ?

 

      Il pencha la tête vers Nathaniel, allongé sur le divan, qui portait encore les marques de la folie de Iakov.« Si ça continue, on va tous s’entre-tuer... » fit la féline dans un murmure à peine perceptible. A cet instant, l'ange eut un impressionnant soubresaut. Helly se releva avec souplesse et s'approcha de l'ange, qui semblait ne garder aucune trace du combat précédent. Il hurla en bondissant derrière le canapé :

 

- Je.... Je..... POURQUOI SUIS-JE NU COMME UN SERAPHIN ?!

 

 

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      La femme-chat laissa éclater un rire franc et salutaire, mais pas tout à fait sain. La paire d'ailes blanches s'agita furieusement et une main fine chercha à tâtons la couverture qui recouvrait le sofa :

 

- Je ne trouve pas ça drôle !!! C'est encore une mauvaise blague de Viktor ça !!!

 

      Le slave leva les yeux au ciel, tandis qu'Helly tentait de reprendre son souffle :

 

- Je lui ai collé une balle en plein coeur et il... il se plaint d'être nu !

 

      Le fou rire se teinta de désespoir et de fatigue. Viktor regardait Helly et hésitait à rire franchement. L'ange lança d'une voix aiguë :

 

- J'aimerais bien t'y voir !!!

- Non, tu ne voudrais pas...

 

      L'ange grogna, dépassé par la situation :

 

- Qu'est-il arrivé ? Je... je me souviens d'une immense chute libre... au dessus d'une eau noire et sale.

- La salle de bain ne t'a pas réussi...fit la féline, son rire se muant en ricanement nerveux.

 

      Nathaniel lui lança un regard terrible. Il sortit de derrière le canapé enroulé dans une couverture aux motifs criards :

 

- Pourquoi par tous les saints, personne ne me traite avec respect ici ?!

- Tu as tenté de tuer Kikile, de tuer Viktor...

 

      La toge improvisée manqua de retomber :

 

- C'est.... faux !

- Quel amateur tu fais...

 

     Le ton de la voix de la femme-chat était devenu très froid. L'ange la toisa d'un œil noir et s'approcha en pointant un doigt menaçant vers elle.

 

- De quel droit me parles-tu sur ce ton ?! Je te demande de simples explications, et tu me poignardes dans le dos !

 

 

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      Sentant la situation déraper, Viktor s'interposa :

 

- Allons, vous n'allez pas vous battrrre ? On en sorrrt tout juste !

- Pourquoi s'arrêter ? Ça commence à peine à devenir intéressant... qu'est-ce que tu en dis Nath' ? C'est ça que tu appelles un ange gardien ?

 

      Nathaniel menaça de la gifler, mais Viktor retint son geste.

 

- Quoi ????? Quoi ??? Et toi ? Tu as juré de nous défendre ! Tu as réussi peut-être ?! Vicky, ce n'est pas le moment, lâche moi !

- Je les ai défendus contre toi, et je ne m'en suis pas trop mal sortie !

- Sladishka ! Il n'a aucun souvenirrr ! Et toi l'emplumé !! Tu ne sais pas ce qu'elle a fait pourrr nous !! Je vous en prrrie !

- Au final, mon seul regret, c'est que cette balle ne t'ai pas t...

 

      La phrase resta suspendue dans les airs. La féline blanche se contracta et sortit de la pièce. Nathaniel laissa retomber son bras, ébahi :

 

- Elle-elle ne le pensait pas ?

- Beeeeeen.... non je ne crrrois pas. Je n'espèrrre pas. Ho mon dieu !

 

      Le bulgare courut à sa poursuite comme sous l'effet d'une violente décharge. Il n'eut que le temps de l'apercevoir tourner dans un couloir et disparaître à nouveau. « Attends ! » appela t-il en vain, se laissant distancer à cause de son claudiquement : «  Sladishkaaaaaaaaaaa ! Ne te laisse pas avoirrr !!! Ils sont en trrrain de prrrendre le dessus surrr toi ! ».

      Les pas se stoppèrent, semblant hésiter, puis la silhouette blanche réapparut au bout du couloir, crispée. Viktor ne la remarquait même pas, occupé qu'il était à reprendre son souffle contre le mur, il continuait de crier :

 

- Nathaniel n'est pas le seul qui a le pouvoirrr de rrrenaitrrre et d'aider autrrrui !

- Viktor...

 

      Il fit un bond sur le côté, manquant de l'éborgner. Elle ne bougea pas, lui lançant un regard dur. Viktor se raidit, comme un enfant attendant un coup après une bêtise. Il releva la tête quand elle reprit la parole :

 

- Tu sais ce que j'ai ressenti en voyant la plaie de Nathaniel ?

- Dis.

 

      Elle observa un temps de silence, donnant plus de poids aux deux mots qui tombèrent :

 

- Du plaisir.

- Tu.... n'es pas sérrrieuse ?

 

      Il lui lança un regard étrange, un regard qu'il n'avait jamais posé sur elle, un regard dégoûté. Celui-ci l'atteignit plus qu'elle ne s'en serait douté, mais la féline, silencieuse, feignit de rester de marbre. Le bulgare secoua la tête et son regard se fit un peu plus familier :

 

- Ce n'est pas de ta faute. J'en suis cerrrtain...

 

      Il semblait hésiter à lui poser une autre question, se tordant les doigts nerveusement :

 

- Tu... enfin... quelle sorrrte de.... plaisirrr ? Plaisirrr de ... tuer ?

 

      Un sourire carnassier apparut pour lui répondre. Le jeune homme eut un mouvement de recul :

 

- Je vois... ce n'est pas toi. C'est une autrrre. Ce n'est plus la Blanche mais la Noirrre. Rrreste la blanche. Rrreste la blanche pour que je rrreste écarrrlate en te voyant.

- Hinhinhin... je peux te rendre écarlate en restant Noire, tu sais ?

- Tu...

 

      Il hésitait et se racla la gorge :

 

- Alors si tu aimes tant que ça le sang, pourrrquoi tu as essayé de nous sauver la vie ? Hein ?

- Tu croyais que je te sauvais la vie ? Mon pauvre vieux, je ne faisais que voir si je pouvais tuer un ange...

 

      D'un geste instinctif, il essuya le filet de sang qui avait séché au coin de ses lèvres, avant d'afficher un sourire de victoire :

 

- Et tu as perrrdu. On ne peut tuer un ange que si l'on est son opposé.

- Bon, dans ce cas...

 

 

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      La féline recula, empoignant son plus fidèle ami pour le pointer vers Viktor :

 

- ... voyons si je peux tuer un sorcier.

 

      Il porta machinalement la main à sa ceinture.

 

- Tu sais que ce serrra une victoirrre facile....

- Trop facile...

- Exactement. Mais accorrrde moi une faveurrr.

- Laquelle ?

- Prrromets moi de ne pas fairrre de tâche rouge surrr cette tunique, j'y tiens.

 

      Il eut un pitoyable sourire forcé, qu'elle lui rendit, plus éclatant :

 

- Alors tu peux la retirer, mais je ne garantis pas qu'il n'y aura pas d'éclaboussures...

- Si je la rrretirrre j'aurrrais vrrraiment l'airrr d'un marrrtyrrr. Puis je risque d'avoirrr frrroid, je ne peux pas prrrendrrre rrrisque de m'enrrrhumer maintenant, dit-il en désignant sa chemise qui pendait lamentablement sur ses épaules acérées.

- Tant pis pour la faveur...

- Tu parrrles beaucoup pourrr quelqu'un qui éprrrouve du plaisirrr à tuer. Moi je dirrrais plutôt que tu aimes parrrler avec tes victimes !

 

      Après un silence, un coup de feu tonna dans le couloir.

     Nathaniel déboula dans le couloir, avec en main son propre Évangélisateur : « Lâche ton arme ma jolie féline ! ». Elle lâcha l'arme, sans prêter attention à l'injonction de l'ange, ramenant sa main vers elle comme si l'acier l'avait brûlée. A ses pieds, le parquet était troué.

Le slave se laissa couler le long du mur tandis qu'une goutte de sueur glissait le long de sa mâchoire crispée. La féline regarda Nathaniel, perdue. Celui-ci ramassa son colt et le glissa dans sa propre ceinture. Puis il s'approcha d'elle et, chose peu commune, lui tendit la main : « Allons, viens. ». Elle accepta cette main offerte, n'ayant aucun regard pour le colt. Un murmure s'échappa à l'intention de l'ange :

 

- J'ai voulu le tuer...

- Non, tu ne l'as pas voulu, murmura-t-il en serrant ses doigts. Tu as cru le vouloir, c'est très différent ! Je le sais parce que nous avons sous les yeux une preuve flagrante : il est encore en vie ! Enfin, presque, fit-il en lançant un regard au slave.

- ...et je t'ai tué.

- Je me trouve bien vivant pour un mort ! lança-t-il dans un rire cristallin. Et même plus que Vicky qui semble ne pas recouvrer ses esprits.

 

      La blanche prédatrice chercha le regard du salve, encore sous l'emprise d'un curieux état de choc, mais celui-ci se força à lui lancer son plus beau sourire. Il épousseta sa tunique et toussa :

 

- Je suis trrrès content d'êtrrre parrrmis vous ce soirrr, pour ce moment inoubliable !

- Je suis désolée.

- De quoi ?

- Pour tout ça. 

- Rrrhoooo 'faut pas s'en vouloirrr pourrr si peu ! Ce n'est pas la prrremièrrre ni la derrrnièrrre fois que nous allons tous nous entrrre-tuer tout de même !

 

      Pris d’une soudaine inspiration théâtrale, Viktor porta la main à son front :

 

- Mais un peu de rrréconforrrt serrra toujourrrs le bienvenu pourrr que je puisse me rrremettrrre de mes émotions !

 

      Helly retrouva le sourire et hocha la tête vers Nathaniel :

 

- Il se porte volontaire pour ça.

- Hinhin. Non ça ira. Il semble aller très bien, fit l’intéressé.

 

 

 

 

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Hé oui, ça y est, elles sont de retour : LES FAMEUSES AVENTURES POGONOPHILES DE L'OETHERIUM !!!

Si vous souhaitez lire les chapitres précédents, vous les trouverez  ici, et bientôt sur la toute nouvelle page Deviantart de l' Oetherium (où vous pourrez, aussi, poster vos innombrables fanarts).

Une foule d'imprévus, de bricoles et de jeux vidéo (mais pas de flemme, pour une fois !) sont à l'origine de l'énorme retard que j'ai pris pour publier cet article. Je compte me rattraper en accélérant le rythme (sous réserve de ne pas me prendre d'autres méga bricoles dans la tronche).

 

Voila, c'est tout pour aujourd'hui !

 

PS : Oui, mettre du sang partout, ça m'a bien amusée

PPS : Oui, globalement, Viktor a la même expression sur les trois dessins

PPPS : Non, il ne garde jamais la même tête, ni la même coiffure

 


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